Silvia Federici revisite ce moment particulier de l’histoire qu’est la transition entre le féodalisme et le capitalisme, en y introduisant la perspective particulière de l’histoire des femmes.
Elle nous invite à réfléchir aux rapports d’exploitation et de domination, à la lumière des bouleversements introduits à l’issue du Moyen Âge. Un monde nouveau naissait, privatisant les biens autrefois collectifs, transformant les rapports de travail et les relations de genre. Ce nouveau monde, où (…)
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Essai
Articles
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Caliban et la Sorcière
8 août 2016, par Federici -
Réflexions sur la violence
11 septembre 2012, par SorelPeut-être est-ce la position ambiguë de ce qui fut le livre de chevet des radicaux autant de gauche que de droite qui l’a fait glisser dans les failles de la mémoire historique ? Écrites par le plus éminent des marxistes de France au moment précis où le prolétariat y était au faîte de sa puissance, les Réflexions sur la violence s’attellent à en illustrer les secrets non seulement historico-politiques, mais également psychologiques. La violence y acquiert un statut inédit : ni plus moyen ni (…)
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La Guerre civile en France
11 septembre 2012, par MarxQuand le prolétariat met à l’ordre du jour la dissolution de l’ordre mondial en place jusqu’à présent, il n’énonce rien d’autre que le secret de sa propre existence immédiate, car il est la dissolution de fait de cet ordre mondial. Quand le prolétariat exige la négation de la propriété privée, il ne fait qu’élever en principe de la société ce que la société a élevé en principe pour lui, ce qui est déjà et malgré lui incarné en lui : le résultat négatif de cette société. — K. Marx
« Ce (…) -
L’Émeute prime
16 avril 2018, par CloverL’émeute est généralement négligée par les marxistes, taxée d’apolitisme et renvoyée à l’instant pur, à la spontanéité. Joshua Clover s’attache à la théoriser et à comprendre la succession des formes de contestation dans la longue durée. Quand le capitalisme apparaît, l’émeute est la forme de lutte dominante, s’attaquant à la circulation des marchandises. Puis, au moment de la révolution industrielle et jusqu’à l’immédiate après-guerre, la grève lui succède, avec cette fois la sphère de la production en ligne de mire. Depuis les années 1960 à 1970, une période marquée par la désindustrialisation, le chômage de masse et le ralentissement de l’accumulation en Occident, l’émeute redevient la forme de contestation par excellence ; cette émeute nouvelle, c’est l’émeute prime.
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Métromarxisme
2 mars 2019, par MerrifieldMétromarxisme s’attache à l’expérience de la ville, et plus précisément à la relation tumultueuse qu’elle entretient avec la critique sociale : de Marx et Engels à David Harvey et Marshall Berman, en passant par Walter Benjamin, Henri Lefebvre, Guy Debord ou Manuel Castells, c’est à une flânerie ou une déambulation métropolitaines qui interrogent le capitalisme que nous convie l’ouvrage d’Andy Merrifield. Construit à partir de chapitres monographiques et biographiques évoquant chacune de ces (…)
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La Conception matérialiste de la question juive
15 décembre 2017, par LéonÉcrit par un ancien sioniste devenu marxiste, ce livre constitue une contribution majeure de la tradition révolutionnaire au débat sur le sionisme et l’antisémitisme. Léon y compare le sionisme aux nationalismes européens et déconstruit ses mythes fondateurs. Dans cette synthèse historique, un ensemble de notes écrites entre 1940 et 1944, l’auteur établit l’hypothèse que les Juifs forment un peuple-classe, constitué suite à l’interdiction faite aux chrétiens de pratiquer l’usure au Moyen (…)
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La Matérielle
31 août 2018, par CharrierDans l’après Mai 68, Christian Charrier participe à la refonte de la théorie de la lutte des classes et de la révolution communiste. S’inscrivant dans un rapport critique à différents courants hétérodoxes du mouvement ouvrier et révolutionnaire (Internationale situationniste, Socialisme ou Barbarie, gauches communistes, communismes de conseils), cette refonte avançait que la révolution n’était plus affirmation du prolétariat devenant classe dominante et libérant le travail, mais négation du prolétariat et de toutes les classes, abolition du travail : communisation. Entre 2002 et 2006, sur le site web La Matérielle, Christian Charrier se livre à un bilan critique décapant de cette séquence théorique qui, croyant tout remettre en cause, se révèle encore trop solidaire de la spéculation hégélienne. En analysant les transformations du capitalisme depuis une cinquantaine d’années et le cours des luttes, c’est en effet au schéma traditionnel d’une classe porteuse par sa négativité d’un « sens de l’histoire » qu’il s’agit de s’opposer.
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Les Autoreductions
20 juillet 2010, par Collonges, RandalL’autoreduction, c’est se réapproprier soi-même et collectivement des biens de consommation ou des services. C’est réduire les factures des loyers ou des impôts. C’est remettre en question les mécanismes de fixation des prix, cette machine de guerre contre les salariés. C’est l’action directe des usagers qui peut déboucher sur l’occupation d’un quartier entier et former un tout avec les grèves violentes. Voilà une nouvelle forme de lutte au cœur des centres urbains capitalistes.
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Résignation est complicité
11 septembre 2013, par CamenischAlors qu’en Suisse, malgré une forte résistance, la construction de centrales nucléaires se poursuit, Marco Camenisch fait partie de ceux qui, au sein du mouvement antinucléaire, refusent de se résigner. En 1980, il est arrêté pour le dynamitage d’un pylône de ligne à haute tension et d’une centrale de transformation électrique. Lors de son procès, il lit une longue déclaration : Paix aux chaumières, guerre aux palais !
En cavale ou en prison, Marco Camenisch ne cesse de lancer ses mots (…) -
L’Abolition de la valeur
8 septembre 2017, par AstarianPour Marx, l’abolition de la valeur consiste en la suppression de l’échange et son remplacement par une économie planifiée où les hommes travaillent avec enthousiasme à la satisfaction de leurs besoins (le premier d’entre eux étant le travail lui-même). Et sa théorie de la valeur est tout imprégnée de ce point de vue. L’objet de L’Abolition de la valeur est de revisiter la théorie marxienne de la valeur en tenant compte des conditions actuelles du mode de production capitaliste – sans remettre en cause la trajectoire d’ensemble du Capital. La différence essentielle avec l’époque de Marx est qu’il est devenu impossible d’envisager le communisme comme une économie d’« hommes libres » gérant leur travail par une planification commune.
Notre époque permet de mettre au concret la théorie de la valeur en s’appuyant sur les caractéristiques pratiques, et non pas abstraites, du travail producteur de marchandises. Cela a des conséquences décisives sur la façon d’envisager l’abolition de la valeur et l’au-delà du capital et du travail. Car il faut maintenant commencer à réfléchir à ce que pourrait être une société sans travail – ce qui ne veut pas dire sans production, mais sans usines, sans chronomètres, sans souffrance.