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Cet appel d’un milicien anarchiste inconnu, appartenant à la fameuse « Colonne de Fer », paraît bien être, jusqu’à ce jour, l’écrit le plus véridique et le plus beau que nous ait laissé la révolution prolétarienne d’Espagne. Le contenu de cette révolution, ses intentions et sa pratique, y sont résumés froidement, et passionnément. Les principales causes de son échec y sont dénoncées : celle du rôle contre-révolutionnaire des staliniens, reprenant dans la République la place laissé vacante par les forces bourgeoises et des concessions des responsables de la C.N.T.-F.A.I. (ici amèrement évoqués par le terme « les nôtres ») - de juillet 1936 à mars 1937.
Celui qui revendique hautement le titre, alors injurieux,-d’« incontrolado », a fait preuve du plus grand sens historique et stratégique. On a fait la révolution à moitié, en oubliant que le temps n’attend pas. « Hier nous étions maîtres de tout, aujourd’hui c’est eux qui le sont. » A cette heure, il ne reste plus aux libertaires de la « Colonne de Fer » qu’à « continuer jusqu’à-la fin », ensemble. Après avoir vécu un si grand moment, il n’est pas possible de « nous séparer, nous en aller, ne plus nous revoir ». Mais tout le reste a été renié et dilapidé.
Ce texte à été publié par Nostros, quotidien anarchiste de Valence. La « Colonne de Fer » fut intégrée, à partir du-21 mars, dans l’« armée populaire » de la République. Le 3 mai, le soulèvement armé des ouvriers de Barcelone fus désavoué par les même responsables, qui réussirent à y mettre un terme le 7 mai. Il ne restera plus en présence que deux pouvoir étatiques de la contre-révolution, dont le plus fort gagna la guerre civile.